Haïti-Crise: Depuis la prison américaine, Guy Philippe s’en prend aux différents acteurs politiques

L’ancien commissaire de police, Guy Philippe, détenu aux États-Unis d’Amérique, a intervenu, le mercredi 10 février 2021 à l’émission Matin Caraïbes sur la RTVC. Selon l’ancien policier, la passivité des citoyens à l’égard des injustices des dirigeants de l’État, leur complicité face à la violation de la loi sont parmi les causes de la crise sociopolitique actuelle que connait le pays.

À travers les réseaux sociaux, j’ai pris connaissance des haïtiens qui souhaitent un changement en Haïti mais sans vouloir faire chacun un changement personnel, a soutenu Guy Philippe. Personne ne veut prendre la responsabilité de ses dires, a-t-il poursuivi. 

Si à chaque fois quelqu’un commet un mauvais acte et sait qu’il sera supporté par certains, le pays sera toujours ainsi, a argué l’ancien responsable du commissariat de Pétion-Ville.

« Un général a vendu sept avions des FADH, tout le monde se tait. Préval a signé un accord permettant aux États- Unis d’avoir accès librement à l’espace aérien, personne n’a rien dit. L’ancien président Aristide avait signé un accord pour un an avec les États-unis l’autorisant à arrêter tout colombien en conflit avec la loi américaine. Depuis lors, les autorités américaines se permettent d’arrêter n’importe personne, quelle que soit sa nationalité, très souvent les dirigeants américains parlent de démocratie, de respect de la loi », a argumenté Guy Philippe. 

« Nous devenons un peuple poltron, un groupe de zombies, a tancé l’ancien élu du département des Nippes au sénat. Aristide a volé une grande somme d’argents de coopérative, personne n’a rien dit. Préval a volé une partie du fonds Petrocaribe, Martelly a volé une portion, Privert a pris une quantité, pourtant personne ne peut rien dire », a fustigé Guy Philippe. 

L’ancien président Jocelerme  Privert aurait passé 4 mois à la Présidence pour réaliser des élections, cependant, il était resté pendant 1 an, a rappelé l’ancien militaire. 

« Lors de la gouvernance de Privert , des leaders de l’opposition commandaient plusieurs institutions publiques dont l’ONA, certains ont des chèques en catimini, a-t-il continué.

À propos de l’article 134.2 de la Constitution faisant objet de deux interprétations différentes, Guy Philippe estime que l’opposition politique ainsi que le pouvoir en place ont raison. La cour Constitutionnelle est la seule institution chargée de trancher malheureusement elle n’a jamais été constituée, a-t-il analysé. 

« Haïti a besoin d’hommes de principes, respectueux de la loi pour son changement. Les politiciens haïtiens doivent cesser d’être des flatteurs », a conseillé Guy Philippe.

Evens CARRIÈRE, Journaliste 
Tel : (509) 37 05 00 12 

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