La renaissance de l’homme haïtien, condition sine qua non pour la fondation réelle de la République noire

Cap-Haitien, le 05 avril 2021
 
In limine litis, la mentalité de l’homme haïtien doit être questionnée par rapport au fait que depuis 217 ans, soit le 1er  janvier 1804 jusqu’au 1er janvier 2021, le pays libéré par nos aïeuls notamment Jean-Jacques Dessalines n’est toujours même pas à la case départ. Les besoins primaires particulièrement le manger lui reste le plus grand défi.
 
Il ne saurait sensé si un sens n’est pas attribué au concept « République ». Il (le concept) a une origine latine ‘’res publica’’ qui est la ‘’chose publique’’ désigne l’intérêt général puis le gouvernement, la politique et enfin l’État. Jean-Jacques Rousseau dans ‘’ Du contrat social’’ le définit comme « tout État régi par des lois, sous quelque forme d’administration que cela puisse être ; car alors seulement l’intérêt public gouverne et la chose publique est quelque chose. ‘’Tout gouvernement légitime est républicain’’. Le terme est synonyme de ‘’bonne gouvernance’’.
 
La République est un mode d’organisation d’un pays dans lequel le pouvoir est exercé par des représentants de la population, généralement élus, et ici le chef d’État n’est pas héréditaire et n’est pas le seul à détenir le pouvoir. À relater, qu’elle n’est pas toujours synonyme de démocratie et est incontestablement antonyme de monarchie héréditaire, d’où « l’État ».
 
L’État du point de vue sociologique est un ensemble de personnes vivant sur un territoire déterminé et soumis à un gouvernement. Au sens organisationnel, il est une structure que la société utilise pour s’orienter et se gérer. Sur le plan juridique, l’État peut être considéré comme l’ensemble des pouvoirs d’autorité et de contrainte collective que la nation possède sur les citoyens et les individus en vue de faire prévaloir ce qu’on appelle l’intérêt général et avec une nuance éthique le bien public ou le bien commun… En effet, l’État c’est un ensemble de personnes qui acceptent de s’imposer un ordre sous certaines conditions.
 
En Haïti, l’État est comme inexistant, il ne se matérialise pas à travers les différents services qu’ils auraient dû, tout se fait a contre sens. L’économie est donnée à un petit groupe, ce dernier nomme et révoque quand ça lui chante le directeur de la banque centrale, il définit avec la politique monétaire de la république en défaveur des plus vulnérables, ils ont pris des décrets inappropriés qui dédollarisent les miséreux vivant des transferts de la diaspora. Les agriculteurs sont dans la merde et ne peuvent rien faire par le volume de biens agricoles importés, Damien via le Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) travaille pour le compte des commerçants grossistes se prenant pour entrepreneurs. Le  Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) qui ne fixe rien comme prix ni régularise le marché se fait complice d’eux. Le Ministère des affaires sociales et du travail (MAST) est absent sur tout le territoire national voire dans ses locaux, la Caisse d’Assistance Sociale (CAS) conçue pour supporter les plus piteux est privatisée, autrefois par des politiciens, à présent par des gangs fédérés autour du fameux groupe G9 en fanmiy e alye manyen youn manyen tout sous le leadership de Jimmy Chérisier aka barbecue. Marie Gréta Roy Clément achète en vente aux encheres le Ministere de la Santé Publique et de la Population (MSPP) depuis le début du quinquennat, elle l’a disposé à son bon gré mal gré. Depuis, les plus grands centres hospitaliers sont délétères dont l’Hôpital Universitaire Justinien (HUJ) et l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH). L’Éducation se transforme, elle est la dernière chose qui n’ait jamais été arrivée au pays, alors l’ascension de ce vil personnage Pierre Josué Agénor Cadet au Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) est la descente du vin à la cave. La chancellerie continue à faire du pays une province abandonnée des États-Unis qui cherche encore son attention politique coûte que coûte. Claude Joseph est le ministre des Affaires Etrangères et des Cultes le plus merdique, il se tient mordicus à ses quémandes propres à l’aliénation de l’état nation tout en oubliant qu’il est le premier responsable à la piété. Aucune censure pour empêcher l’acculturation qui engendre la déculturation, le Ministère de la Culture et de la Communication (MCC) ne fait que porter, quelques rares fois, les messages du gouvernement combien controversés. Les collectivités territoriales sont laissés pour contre, les délégations n’existent que pour avoir le contrôle et travailler avec les gangs, le Ministère de l’Intérieur et des collectivités Territoriales (MICT) ne garde plus les biens du domaine public de l’État. Un pays sans planification, sans coopération externe si non que des plans à exécuter à rez du Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE). Si l’État ne peut pas pour le moindre détail gérer les haïtiens vivant en Haïti sous ses yeux, sous sa responsabilité qu’en est-il du sort de ceux de l’extérieur à travers le Ministère des Haïtiens Vivant à l’Étranger (MAHVE) ? Certaines institutions sont de véritables vaches à lait, l’ONA, l’OAVCT, la Douane, l’APN… et font des richissimes à tout instant de la durée, prêt, vol, détournement, contrebande, sont entr’autres les moyens. Le Ministère des Travaux Public Transport et Communication et ses organismes autonomes sont absents, les revendications demeurent inchangées, infrastructures, routières et électriques, eau, moyens de communication, clame encore les habitants de la mère de la liberté. De la Police n’en parle pas, dès sa création elle est ce qu’elle est, politisée, divisée, instable, asservie, préoccupante, nulle, tyrannique, elle a été toujours sous les commandes des chimères qui aujourd’hui, sont connus comme cannibales, elle n’a jamais été qu’un outil pour l’exécutif, dont la présidence. La condition féminine n’est pas inconditionnelle, les droits de la femme sont peines à respecter, le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme (MCFDF) ne représente que le nom. En effet, l’État comme l’ensemble des pouvoirs d’autorité et de contrainte collective que la nation possède sur les citoyens et les individus en vue de faire prévaloir ce qu’on appelle l’intérêt général et avec une nuance éthique le bien public ou le bien commun est bel et bien irréel au regard de l’intérêt commun qui se trouve toujours dans l’impasse.
 
Machiavel dans le prince eut à dire “tout n’est pas politique, mais la politique s’intéresse à tout !”. Donc, la politique par l’instauration de l’État est l’organe régulateur de toutes les institutions et du coup régit les rapports entre les membres de la communauté, entretient des rapports avec des États d’autres communautés. Ainsi, l’État détient la puissance publique comme moyens pour assurer la sécurité du territoire, des citoyens ainsi que l’application des lois, conventions et règlements à travers la force publique qui comprend : les Forces Armées, la Police, la Douane… La puissance publique est un instrument de contrainte détenu par l’administration, qui exerce un pouvoir souverain sur la population. Selon Jean Rivero, Dr en Droit, Juriste, professeur d’université, «  la puissance publique est la traduction au plan administratif de la réalité politique qu’est le pouvoir et a pour but la satisfaction de l’intérêt général, devant lequel cède toujours l’intérêt privé ».
 
Compte tenu de ce qu’est l’État et de ce qu’il dispose comme moyens, il est même à dire qu’il a une mission sacrosainte de par ses différentes fonctions dites régaliennes à savoir : les Forces Armées, la Police, les Finances Publiques, la Justice, la Diplomatie… et son intervention dans d’autres secteurs, non marchands qui sont des services non payants (la santé, l’éducation, la sécurité sociale, l’assistance sociale, la culture, le sport, le transport scolaire…) et marchands qui sont des services payants (l’énergie, l’eau potable, les services postaux, les télécommunications…) d’où sa dénomination ‘’l’État serviteur’’. Cet État est une institution, une personne morale, une machine qui a besoin d’un groupe de personnes pour son plein et bon fonctionnent capable d’assurer et de maintenir l’équilibre sociétal et social au niveau de l’administration et de la gestion des trois pouvoirs le Législatif, l’Exécutif, le Judiciaire.
 
Rien ne va au sein de l’État, tout se fait autrement, il se laisse affaiblir par quelques oligarques, corrompus avérés qui cherchent à tout prix le contrôle de toutes les institutions étatiques en complicité de bon nombre de fonctionnaires mercenaires qui devraient être poursuivis pour crime de haute trahison. Les dignitaires sont, tout comme les membres du secteur privé, cyniques, ils priorisent la contrebande, la franchise, les commissions, la surfacturation, l’usurpation de titre. Toutes les politiciennes, tous les politiciens ont une seule et unique réflexion, la critique, la destruction de personnalité, la méchanceté, le pillage, le sabotage, la surfacturation, le vol, le détournement, l’assassinat, entre-autre la cannibalisation de la contrée.
 
Port-au-Prince est le pays, tout s’y trouve concentré sur les 735,78 kilomètres carrés, l’État ne connait que cet arrondissement. Malgré cela, ses habitants sont beaucoup plus vulnérables que ceux des autres, le phénomène de la bidonvilisation devient son véritable et sa réelle gangrène, ses résidants périssables oubliés sont exposés a tout risque dont la gangstérisassion, ils pataugent dans la crasse, vivotent au seuil de la pauvreté avec moins d’un dollars par jour. Tout le monde veut les utiliser dans leur misère, il les arme et les embauche pour de mauvais boulots, puis leur met dans un état de s’entredéchirer pour avoir toujours et tout le temps leur contrôle.
 
La politique s’additionnant au commerce à tout prix. Les activistes politiques et les commerçants sont dotés d’une sale mentalité. Ils ne voient plus loin que leur propre nez, leur esprit est coincé, ne pensent que leur mesquinerie. Leur ânerie tue même les innocents de bas âge, ils s’associent pour chasser et tenir en quarantaine les politistes de la politique, d’où la descente au plus bas niveau aux enfers de la république mort-née.
 
L’homme haïtien est façonné par l’éducation franco-canadienne avec le sentiment de soumission.  Au sein de l’État, il est même à demander au blanc et aux puissants commerçants les modus operandi et vivendi pour le peuple, ces derniers qui ne jurent que par le statu quo, en profitent pour faire leurs choux gras et du coup accaparent toute la richesse de l’ancienne et la plus riche colonie française.
 
La renaissance de l’homme haïtien s’avère nécessaire et inévitable pour avoir de nouvelles personnes avec des conceptions éclairées sur l’État, pouvant le faire respecter comme autorité en tant qu’autorités question de décoller le pays qui tarde à développer depuis sa fondation.
 
 
 
Reynoldson MOMPOINT
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