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Disparition de pièces à conviction dans plusieurs dossiers : Arnel Bélizaire, Me Dorval, Arnel Joseph…

La Bâtonnière du conseil de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Marie Suzy Legros avait révélé la semaine dernière la disparition des pièces à conviction du dossier de l’assassinat de Me Monferrier Dorval au greffe pénal du tribunal de première instance de Port-au-Prince. Pour le président de l’association nationale des greffiers (ANAG), Aimé Martin, qui intervenait le lundi 26 octobre 2020, à l’émission « Sa k ap kwit » sur télé 20, cette pratique n’est que chose courante dans le système judiciaire haïtien et particulièrement dans le tribunal de première instance de Port-au-Prince (TPI). Le juriste continue en énumérant plus de 5 cas pareils en vue d’argumenter.

« On a déjà vandalisé le bureau du cabinet d’instruction du magistrat Loubens Élisée, celui de la juge Marie Claudel Pierre, le bureau de la Magistrate Annie Fignole. On avait vandalisé le greffe central, a détaillé Ainé Martin avant de souligner que même le bureau du tribunal, Me Bernard Saint-Vil n’est pas épargné, car il a été aussi de cassure et de vol en janvier dernier ».

Lors de la vassalisation du bureau du Doyen Bernard Saint-Vil, sans forcer la porte, 5 millions de gourdes ont été emportées, informe le greffier ayant plus d’une décennie dans la justice haïtienne.
Le parquet de Port-au-Prince, qui est l’organe de la poursuite, le bureau du protecteur de la société a aussi connu des cas pareils, si on laisse croire les témoignages du président de l’ANAG.

« Jeudi dernier, 22 octobre 2020, le bureau du cabinet d’instruction de Me Merlan Bellabe a été vandalisé ; une arme à feu d’un policier constituant une pièce à conviction a été volée, a relevé Ainé Martin. Même le bureau du Juge d’instruction instruisant le dossier de l’assassinat de Me Monferrier Dorval à savoir le Juge Renor Regis, fait partie des listes des bureaux vandalisés du TPI de Port-au-Prince, explique le greffier.

Comme d’habitude, c’est le Juge d’instruction qui garde les pièces à conviction lors de l’instruction d’un dossier. Pour le cas de l’affaire de Me Monferrier Dorval, le Juge instructeur Renor Regis, compte tenu de sa connaissance en matière de sécurité du tribunal avait préféré de ne pas conserver les pièces à conviction. C’est pourquoi, elles ne sont pas disparues à son bureau, mais plutôt au greffe, si l’on tient aux explications du numéro 1 de l’association nationale des greffiers.

« Où sont les armes à feu du dossier du chef de gang, Arnel Joseph ? Où sont les armes à feu de l’affaire de l’ancien député Arnel Bélizaire ? Se demande Aimé Martin d’un air inquiétant. Le téléphone portable de l’ancien bandit. Connu sous le nom « Ti je » a disparu a-t-il confié. Même le dossier du massacre de Lasaline avait été l’objet d’une tentative de disparition, a-t-il raconté en poursuivant ».

Ainé Martin a indiquant que l’ANAG a déjà envoyé une correspondance au ministre de la Justice, Me Rock Feller Vincent pour lui demander d’effectuer une enquête en toute équité afin de trouver les vrais coupables de la disparition des pièces à conviction du dossier de l’assassinat de l’ancien Bâtonnier de Port-au-Prince avant de culpabiliser le greffier en chef du TPI de Port-au-Prince, Saurence Junior Telemaque.

Evens CARRIÈRE, Journaliste
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