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Incendie chez OVHcloud: 3.6 millions de sites web tombés en panne

FRANCE – Jusqu’à 3.6 millions de sites internet sont passés hors ligne mercredi 10 mars à la suite d’un incendie survenu dans un centre de données d’OVHcloud basé dans la commune française de Strasbourg, un hébergeur français. L’entreprise a déjà commencé à rétablir des serveurs selon un calendrier mis en place en la circonstance, cependant les responsables de sites web hébergés sur les serveurs concernés ont au plus 50% de chance de récupérer leurs données.

Un « départ de feu accidentel » semble être à l’origine d’un incendie qui a ravagé, mercredi 10 mars, le centre de données d’OVHcloud à Strasbourg, a appris l’Agence France-Presse, jeudi 11 mars, d’une source proche du dossier.

« Les premiers éléments de l’enquête font penser à un départ de feu accidentel », a fait savoir à l’AFP cette source, qui précise que « les investigations sont toutefois toujours en cours ». « L’enquête a été confiée à la sûreté départementale du Bas-Rhin », a-t-on ajouté.

L’incendie, qui n’a fait aucun blessé, s’est déclaré dans la nuit de mardi à mercredi dans l’un des quatre centres de données d’OVHcloud installés dans une zone industrielle à l’est de Strasbourg, près de la frontière allemande. Il a pu être maîtrisé grâce au déploiement d’importants moyens de secours – 115 sapeurs-pompiers et 44 engins, notamment. Tout risque de pollution a été écarté.

Beaucoup de sites perturbés
L’incendie et la coupure de courant qui l’a accompagné ont eu des répercussions bien au-delà des frontières françaises. Ils ont ainsi affecté, selon OVH, « 12 000 à 16 000 clients ». Des structures comme Coinhouse (le spécialiste français de vente et d’achat de bitcoins), le Centre Pompidou ou la plate-forme d’accès aux données publiques data.gouv.fr ont signalé des perturbations, parfois seulement temporaires, dans l’accès à leur site Internet ou à l’utilisation des courriels. Mais comme certains clients sont eux-mêmes hébergeurs, le nombre de sites touchés est beaucoup plus important : 464 000 noms de domaines distincts (dont 59 600 français) et 3,6 millions de serveurs Web liés à OVHcloud étaient inaccessibles après l’incendie, a comptabilisé la société américaine Netcraft.

ovh cloud incendie centre pompidou
Capture d’écran de la page d’accueil du site www.centrepompidou.fr hébergé sur OVH

Diverses entreprises ont fait part de pertes définitives de données, tel le studio britannique de jeux vidéo Facepunch, éditeur de Rust. Mercredi, OVHcloud a toutefois indiqué ne pas être en mesure de confirmer des pertes définitives, arguant que, en fonction des sauvegardes ou des redondances souscrites, « il exist[ait] autant de possibilités que de clients ».

Certains clients utilisaient dans ce centre des serveurs physiques qui leur sont dédiés ou des machines virtuelles moins chères, fractions de serveurs physiques mutualisés. « Quand on met ses données dans le cloud, on peut s’attendre à ce qu’elles soient plus sécurisées que chez soi. Mais le propriétaire des données garde la responsabilité d’en assurer la sauvegarde » sur des supports et sites de stockage distincts, explique Simon Decarpentries, directeur de l’innovation chez le spécialiste de la gestion de données dans le cloud Netapp. Si aucune option payante n’est souscrite, « OVH n’effectue aucune sauvegarde des données et contenus du client », précise l’entreprise dans ses conditions d’utilisation des serveurs dédiés. Et, faute de sauvegardes, la destruction d’une machine entraîne la perte des données qu’elle contient.

L’entreprise OVHcloud a été créé en 1999 sous le nom d’« OVH » par Octave Klaba, jeune Français d’origine polonaise arrivé dans l’Hexagone à l’adolescence. L’entreprise avait commencé par faire de l’hébergement de sites Internet avant de se lancer dans les services cloud pendant la décennie 2010. Avec quelques rares autres acteurs, elle porte les espoirs du cloud européen face aux géants américains et chinois de ce secteur devenu stratégique pour l’Economie numérique.

Avec Le Monde et AFP


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