Etat d’urgence : Steven Benoit explique l’intention du pouvoir en place

« C’est premièrement pour éliminer les gangsters, pour qu’ils n’aient pas l’occasion de témoigner. Deuxièmement, ils veulent voler des millions », ce sont les deux principaux objectifs du pouvoir en place dans sa démarche de décréter l’état d’urgence à travers 4 zones de la République, veut faire croire l’ancien sénateur Steven Benoit, au cours d’une interview ce jeudi 18 mars 2021.

À travers l’un des articles du décret, le ministère de l’Economie et des Finances (MEF), devra mettre à la disposition de l’Etat tout besoin financier ou autre, afin d’atteindre son objectif, avance Steven Benoit. Sans aucun document juridique le MEF ne pourrait jamais faire aucun décaissement mais une fois l’urgence est déclarée, n’importe décaissement peut être effectué, même des millions de dollars, il suffit que le montant soit disponible, continue-t-il d’expliquer.

« En 2008 la Loi d’urgence a été votée par la majorité des deux branches du parlement, nous avons compris la nécessité car il y avait des catastrophes naturelles. En 2011, l’ex-président Préval a tenté de la modifier inconstitutionnellement, nous cinq, au niveau de la chambre des députés, avions voté contre, car nous voulions pas livrer le pays à des étrangers, raconte l’ancien député de Pétion-Ville. Malgré tout, la CIRH a vu le jour. 11 ans plus tard, aucune reconstruction n’a eu lieu. Clinton avec sa conscience subira un jour, la peine de ce forfait, poursuit-il ».

Steven Benoit rappelle qu’un décret ne peut pas abroger une loi. D’ailleurs, la Constitution ne prévoit pas le décret. Il a pris, de concert avec ses conseillers qui ne savent rien, un arrêté pour déclarer l’état d’urgence, fustige l’ex-candidat malheureux aux récentes élections présidentielles. Un jour les membres de ce pouvoir en place seront jugés pour forfaiture, enchaîne-t-il.

« Jovenel Moïse est un criminel, c’est un corrompu. Joseph Jouthe n’a rien compris dans aucune affaire. C’est le secteur privé et la communauté internationale qui les supportent. Ils ne devaient pas être toujours à la tête de l’État », pense Steven Benoit énergiquement.

« L’objet de la loi de 2010 c’est de protéger les biens et les personnes en cas de catastrophes naturelles, souligne le dirigeant politique en faisant référence à l’article 1er de la loi citée ci-dessus », ajoute M. Benoît qui essaie de montrer le côté inapproprié de cette mesure.

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