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Du 29 avril au 1er mai, trois journées de collecte d’ouvrages avant le lancement du centre culturel Manno Charlemagne de Carrefour

Dans le but de promouvoir la culture, d’encourager le progrès socio-culturel de la commune de Carrefour, d’honorer l’ancien artiste, Carrefourrois, Joseph Emmanuel Charlemagne dit Manno Charlemagne, l’ex-Maire et actuel agent exécutif intérimaire de Carrefour, Jude Edouard Pierre a pris l’initiative de construire un espace consacré à la culture dénommé « Centre culturel Manno Charlemagne », situé à thor 12. Le lancement dudit centre est prévu pour le 17 mai 2021. Toutefois, durant trois jours ; jeudi 29, vendredi 30 et samedi 1er mai prochain, une campagne de collectes d’ouvrages, de biens va avoir lieu, annonce Jude Edouard Pierre, au cours d’une interview le 25 avril 2021 au local du centre.

Durant les deux premiers jours, la Mairie organisera une collecte d’ouvrages, il y aura au local, une foire au cours de laquelle la production nationale va être mise en valeur. Plusieurs artistes vont performer, explique le numéro 1 de la Mairie de Carrefour.

Le coût de la réalisation de ce projet s’élève à soixante-dix millions (70 000 000) de gourdes, a indiqué Jude Edouard Pierre tout en précisant que les taxes et les impôts des citoyens de Carrefour contribuent à 80 % du financement. Nous avons seulement reçu 9 millions de gourdes de la part du Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales (MICT) pendant la gouvernance du ministre Jean Marie Reynaldo Brunet, a-t-il révélé.

« L’inauguration ne veut pas dire que l’espace sera déjà fonctionnel », précise l’ex-Maire de Carrefour. Dans la lignée, M. Pierre énumère les causes ayant engendré le retard, « certains équipements ne sont pas encore disponibles, des fournitures ne sont pas encore achetées, nous sommes à la recherche d’une génératrice de 200 kilowatts pour alimenter le centre en énergie électrique. Nous comptons installer un système d’énergie solaire évalué à soixante soixante-dix mille dollars (70 000) dollars américains. Ensuite, la bibliothèque nationale d’Haïti ( BNH) n’a pas encore terminé avec le recrutement des futurs employés du centre. Nous attendons quelques chèques du ministère de l’Economie et des Finances (MEF). De plus, une partie de la construction du bâtiment n’est pas encore achevée. Les promesses d’ordinateurs et d’ouvrages de certains fournisseurs et partenaires ne sont pas encore respectées ».

D’un air fier et avec de la fermeté dans la voix, le propriétaire de la boîte de nuit, Metropolis, a effectué une description du centre. « le centre comporte un auditorium qui est un espace multifonction, une salle multimédia que Eric Jean Baptiste a promis d’équiper en ordinateur, un espace de jeu pour enfants qui pourrait être utilisé pour d’autres activités, une terrasse contenant un bar ; un espace où on peut organiser des expositions, foires, entre autres », a-t-il raconté.

En considérant plusieurs bâtiments publics dysfonctionnels, la discontinuité des projets au niveau de l’État, Jude Edouard Pierre craint de la gestion du centre après son départ. D’après lui, la jeunesse universitaire de Carrefour doit supporter le projet. Honnêtement je suis inquiet car même la Mairie de Carrefour n’a pas la capacité pour gérer le centre. J’ai laissé mon mémoire pour que mon successeur fasse le suivi. Je ne serai pas présent malheureusement pour continuer la gestion, a-t-il argumenté.

Je vais proposer un modèle de gestion, c’est la délégation de service public (DSP). C’est le fait de confier la gestion d’un service ou d’un équipement municipal à une entreprise, une entité sociale ou une tierce personne pendant que le bien reste public, toujours sous la responsabilité de la municipalité, a confié l’ancien président de la fédération nationale des Maires d’Haïti (FENAMH).

« Le centre pourra être géré par un conseil d’administration composé de directeurs d’écoles, de notables de la commune, d’un directeur exécutif nommé par le Maire mais qui ne va pas être sous la dépendance de la Mairie », a analysé Jude Edouard Pierre.

Pour Pierre Richard Charlemagne, fils de Manno Charlemagne, c’est un honneur de voir une institution publique, portant le nom de son père. « J’ai accueilli le projet avec une immense joie. Bon nombre de Magistrats n’avaient jamais cette idée d’honorer ces immortels. Manno Charlemagne, comme tant d’autres, est mort mais ses œuvres restent et demeurent vivantes. Ce sont des légendes, Manno est une icône dans la musique haïtienne », a-t-il soutenu avant de confier que le morceau titré « le mal du pays » est pour lui, la plus belle de toutes les compositions de son père.

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