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Des prisonniers surveillent d’autres prisonniers au pénitencier national, relève la FJKL

« Le pénitencier national devient le couloir de la mort », résume au cours d’une intervention sur Magik 9, vendredi 14 octobre 2022, le responsable de l’organisation des droits de l’homme dénommée « Fondasyon Je Klere (FJKL) », Madame Marie Yolène Gilles, décrivant l’état des centres carcéraux et les conditions de détention des prévenus. Elle poursuit en révélant qu’au pénitencier les clefs des cellules sont confiés à un prisonnier.

« Il n’y a pas d’eau potable, pas de nourriture, pas d’électricité. Les prisonniers souffrent beaucoup. Parfois les aliments sont disponibles mais impossible de préparer la nourriture, faute de carburant, rapporte madame Gilles. Une fois vous êtes gardés en détention au pénitencier national, vous avez beaucoup plus de chance de mourir au lieu d’être rééduqué. Pénitencier national devient le couloir de la mort, estime-t-elle ».

Au cours du début du mois d’octobre, plus d’une vingtaine de détenus sont décédés au pénitencier national , la thèse laissant croire que le choléra en serait la seule cause est rejetée d’un revers de main par la militante des droits de l’homme arguant que certains détenus souffrent d’anémie, de la tuberculose, de la faim. Certains sont sous-alimentés, les conditions d’hygiène ne sont pas respectées. Je suis prudente de dire que c’est le choléra car je ne suis pas spécialiste en matière de santé mais les prisonniers décédés étaient atteints de la diarrhée, poursuit-elle.

Selon les explications de la dirigeante de la FJKL, tous les centres carcéraux se trouvent dans les mêmes conditions, que ce soit au Cayes ou à Petit-Goâve ou des prisonniers meurent par douzaine. Trouver un juge de Paix pour un constat légal dans les prisons n’est pas chose facile.

En conséquence, les cadavres restent à l’intérieur des centres carcéraux pendant plusieurs jours, détaille Marie Yolène Gilles avec indignation. « Les autorités judiciaires ne prouvent pas qu’ils sont à la hauteur de leurs responsabilités. Ils font du sourd-muet. Des ordres de libération sont donnés en faveur de plusieurs prisonniers pourtant ils sont toujours gardés en détention. La justice haïtienne est au plus offrant. Si vous voulez être en liberté, vous devez l’acheter », dénonce énergiquement la militante pour le respect des droits humains.

Pour Marie Yolène Gilles, il n’y a aucune volonté de la part des autorités judiciaires pour lutter réellement contre la détention préventive prolongée. Elle se demande pourquoi des procès correctionnels ne sont pas réalisés dans à l’intérieur des prisons avant de souligner que l’ensemble des centres carcéraux compte onze mille sept cents ( 11 700) détenus, seulement neuf mille (9 000) ont été condamnés.

Evens CARRIÈRE, Journaliste

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