Home Actualités Jacques Lafontant : « Pierre Espérance m’avait demandé de classer sans suite la plainte déposée par Fednel Monchery au parquet contre lui, l’accusant d’être un membre de gang »

Jacques Lafontant : « Pierre Espérance m’avait demandé de classer sans suite la plainte déposée par Fednel Monchery au parquet contre lui, l’accusant d’être un membre de gang »

par Evens CARRIÈRE
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Le réseau national de défense des droits humains (RNDDH), dans son dernier rapport daté du 14 octobre 2022 a accusé le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Jacques Lafontant, d’interférer dans le dossier de trafic d’armes impliquant l’Église épiscopale d’Haïti. Par voie de presse, le chef du parquet de la capitale, mercredi 19 octobre 2022, à titre de réaction, a laissé croire que la cause de cette accusation c’est parce qu’il a refusé plusieurs fois de satisfaire des demandes clandestines formulées par Pierre Espérance.

« Le RNDDH condamne les actes d’interférence du commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Jacques Lafontant dans ce dossier. En effet, en recommandant à titre d’avocat le sieur Ronald D’Meza au propriétaire des containers et en continuant à mener une enquête parallèle alors que le dossier a été transféré au cabinet d’un magistrat instructeur. Il a outrepassé ses obligations légales… », peut-on lire parmi les commentaires et recommandations de l’organisation des droits de l’homme susmentionnée.

Pour le chef de la poursuite de la juridiction de Port-au-Prince, M. Pierre Espérance ne fait que l’attaquer pour détruire son image parce qu’il ne trouve aucun intérêt en sa personne.

« C’est honteux de le dire mais je vais laisser ma qualité d’homme d’État pour le dire. Pierre Espérance m’avait demandé de classer sans suite, la plainte déposée par Fednel Monchery au parquet contre lui, l’accusant d’être un membre d’une bande armée, a laissé entendre Me Lafontant. Je lui ai dit NON, je ne peux pas le faire car ce sont de graves accusations. La défense doit être faite par-devant un juge d’instruction », a-t-il ajouté.

« Au cours de la gouvernance du président Jovenel Moïse, dans l’affaire Sogener, le premier personnage public qui m’a visité, il s’appelle Pierre Espérance. Il était venu chez moi pour me demander de surseoir les mandats », a argué énergiquement le magistrat debout.

J’ai donné délégation de pouvoir à la DCPJ, le dossier est au cabinet d’instruction, a argumenté Me Jacques Lafontant. Toutes les personnes citées dans le dossier sont privées de liberté. De plus, des mandats d’amener sont décernés à l’encontre d’au moins trois personnes dont le prêtre Désiré. Je n’arrive pas à comprendre comment je veux protéger une personne en prenant des actes de poursuite contre lui, a-t-il poursuivi.

« On frappe toujours les hommes droits mais les tordus, on les laisse généralement tranquille », a soutenu d’une voix triste, le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince.

Evens CARRIÈRE, Journaliste

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