Justice

L’État n’a pas la volonté pour réaliser l’enquête relative à l’assassinat de Monferrier Dorval, selon Me Samuel Madistin

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« Le Premier Joseph Jouthe le prouve à travers ses déclarations »

Dans le cadre de l’enquête relative à l’assassinat de l’ancien Bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Monferrier Dorval, le 28 août 2020. Cinq (5) des policiers ayant charge de surveiller la scène du crime au domicile de la victime ont été transférés le vendredi 11 septembre 2020 à la prison civile de Port-au-Prince, aux ordres du commissaire du gouvernement de la capitale, Me Ducarmel Gabriel. Vingt quatre heures après, soit le samedi 12 septembre 2020, ces cinq agents de l’UDMO ont été libérés suite à la pression populaire surtout de celle des membres du regroupement « Fantom 509 », qui réclament être des policiers. En réponse à la déclaration du Premier ministre, le 12 septembre dernier de très tôt dans la matinée, avant la libération des policiers, laissant entendre que ces agents des forces de l’ordre ont commis simplement une faute administrative. Le responsable de l’organisation de défense des droits de l’homme
« Fondasyon Je Klere » (FJKL), Samuel Madistin affirme que les propos du chef du gouvernement prouvent que l’État n’a pas la capacité ni la volonté pour réaliser l’enquête relative à l’assassinat de Me Dorval.

« Joseph Jouthe montre que c’est lui qui donnera les résultats de l’enquête, parce qu’il a infirmé l’une des hypothèses, soutient Me Samuel Madistin. C’est grave de constater que la politique oriente l’enquête, cela provoque beaucoup d’inquiétudes », fustige l’homme de loi.

L’ancien sénateur de l’ouest continue en expliquant que l’assassinat de Me Monferrier Dorval est entouré d’un ensemble d’éléments troublants. L’acte est effectué dans un quartier présidentiel hautement sécurisé, surveillé par la police, des agents civils et des spécialistes en la matière, analyse le juriste. Au lendemain du crime, les cambrioleurs ont pénétré la maison de la victime par effraction, pourtant vous parlez de faute administrative? l’enquête de l’inspection générale de la Police nationale d’Haïti
(IGPNH)devrait être publique. Est-ce-que l’ordre de sécuriser la maison a-t-il été réellement donné? A-t-il été éxécuter? Si Oui, à quel moment ? Est-ce-que les policiers ont été présents lors du vandalisme de la maison?, questionne Me Samuel Madistin pour énumérer les points non élucidés.

Le gouvernement laisse comprendre qu’il écoute la voix de la violence. Le cas des révendications des élèves le prouve. Maintenant le ministre de l’éducation demande de rencontrer les syndicalites enseignants, souligne l’homme de loi.

« Est-ce-que la violence est un moyen de recours contre une décision de justice?, se demande le professionnel du droit. Il faut attaquer la décision, ce n’est pas le Magistrat qu’il faut attaquer même quand le Magistrat s’est trompé. Attaquer le Magistrat en sa personne, sa résidence, c’est grave. Le pire, certains ne le considèrent pas comme une attaque à la démocratie », martèle Me Samuel Madistin.

Pour le responsable de FJKL, tout ceci profite au pouvoir en place car la peur va s’installer dans la population, tout le monde va peur de s’exprimer, protester et même les juges pourront craindre d’apprécier une affaire où l’une des parties est un policier.

« Ce qui est sûr, ce serait difficile de douter de la compétence du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Ducarmel Gabriel. N’importe avocat qui a l’habitude de fréquenter le Palais de justice, qui a l’habitude de voir sièger le Magistrat, peut en témoigner, soutient le défenseur des droits humains ».

Evens CARRIÈRE, Journaliste©
Tel: (509) 37 05 00 12

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