Même avec le port d’uniforme, identifier le faux policier du vrai, n’est pas chose facile, admettent certains policiers

92
broken images

Une nouvelle forme de criminalité prend de l’ampleur depuis plusieurs jours dans le pays. Des bandits utilisent l’uniforme de la police nationale d’Haïti (PNH) pour commettre leurs forfaits. Des personnes qui ont été kidnappées confirment cette nouvelle stratégie des malfrats. Ce phénomène soulève la question de munitions des policiers, leur identification avec l’uniforme de la PNH. Deux policiers dont un inspecteur ayant plus de 15 ans au sein de l’institution policière ont avoué, le lundi 5 Octobre 2020 sous couvert d’anonymat que la problématique d’uniforme est réelle dans la PNH.

Selon l’inspecteur, cette lutte pour la régularisation du problème de l’uniforme des policiers ne date pas d’hier. Depuis 2015, j’ai entrepris beaucoup d’initiatives pour aider la PNH à le résoudre, raconte-t-il.

« J’ai partagé certaines informations à des autorités policières, des sénateurs, ministres, mais rien n’a été fait, regrette-t-il en disant qu’il estime qu’il y a pas une volonté pour résoudre le problème de l’insécurité ».

Le policier poursuit en confiant qu’il avait fait une proposition aux responsables des autorités de l’État au sujet d’uniforme car selon lui, il n’est pas logique que la confection d’uniforme de la police soit personnelle. « La Présidence conjointement à l’institution policière pourrait avoir une structure gérant l’affaire des munitions des policiers, avec des registres pour contrôler pendant combien de jours, le policier a utilisé les projectiles reçues et autres ; question de sécurité, argue l’agent des forces de l’ordre. Il pourrait avoir aussi un magasin légal pour vendre des munitions », continue-t-il.

L’affaire logistique de la PNH n’est qu’un véritable désordre, fustige le membre des forces de l’ordre en soulignant que bon nombre d’autorités de la police nationale d’Haïti ont des compagnies de sécurité.

L’État encourage même la contrebande, martèle le policier d’un ton ferme. Tout policier achète des projectiles dans la contrebande car il y a aucun lieu légal pour le faire, argumente-t-il.

En ce qui concerne l’identification des vrais policiers en uniforme, l’inspecteur livre un conseil à la population. « Toutefois vous voyez un véhicule avec des policiers de différents uniformes, méfiez-vous d’eux. Comme un policier de l’UDMO, un du CIMO un policier administratif ou autres, soyez prudents, explique-t-il en précisant que des policiers de différents uniformes peuvent travailler ensemble mais ils seront au nombre de deux policiers identiques au minimum ».

Il faut mentionner que seulement 15 000 policiers environ assurent la sécurité de la population et la PNH est présente que sur 43% du territoire national.

Evens CARRIÈRE, Journaliste
Tel: (509) 37 05 00 12