Pourquoi la sortie de Max Attys a attendu 4 mois ? Ce que l’on sait

Pourquoi la sortie de Max Attys a attendu 4 mois ? Ce que l’on sait

Huit jours après avoir critiqué le Palais national de l’avoir nommé comme ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique sans connaître sa veritable identité. Max Attys remet sa démission le jeudi 16 juillet 2020 comme ministre du MJSAC. Quelques jours avant, le vendredi 10 juillet 2020, l’ex-titulaire du MJSAC a fait des révélations chocs à propos des projets de construction des centres sportifs financés par le fonds PetroCaribe. Selon lui, ces argents ont été gaspillés.

Doute sur sa nationalité/identité

L’on se demanderait si l’interrogation au sujet de la vraie identité du ministre ne serait pas à la base de ses déclarations suivies de démission, comme un moyen subtil de fuir ce dossier qui plane le doute sur son vrai prénom Maxis ou Max.

Selon des sources confidentielles et des documents à la disposition de certains médias, le numéro un du MJSAC utilise les deux noms mais chacun dans un contexte particulier. Maxis Attys pour les signatures des réquisitions, les chèques du Ministère et Max Attys pour les notes de presse, d’après dea informations disponibles.

Le ministre Attys cherche-t-il un artifice pour se dérober du dossier de double nationalité et d’identité qui pèse contre lui ? Ce qui est contraire à la Constitution.

La sortie de Max Attys

Suite à une tournée effectuée par l’ancien membre du gouvernement
MOISE/JOUTHE, dans plusieurs départements dans le but de visiter les infrastructures sportives. Max Attys a déclaré au micro de Magick 9 que, malgré les divers milliers de dollars dépensés du fonds PetroCaribe pour des centres sportifs,
« Haïti n’a pas même un terrain digne de ce nom ».

Lors de cette intervention, l’ancien responsable de l’exécution de la politique sportive de Jovenel Moïse a pointé du doigt les firmes SECOSA, qui est une firme haïtienne ainsi que ROFI et ADOM, deux firmes dominicaines. Les trois avaient pour tâche de construire des centres sportifs pour le pays, explique-t-il.

Selon Max Attys, ces trois firmes n’avaient pas de compétence en la matière. La construction des centres a été une gabegie, soutient-il. « Que ce soit les deux terrains du Sud-Est, construits par les firmes dominicaines. Que ce soit aux Cayes, à Mirebalais, à Milot dans le nord, c’est la même chose », poursuit-il. « Au coeur du XXIème siècles, j’ai été étonné de voir un centre sportif construit avec des latrines, confie-t-il ».

Olivier Martelly sur le banc des accusés

Au cours de cette interview, l’ancien ministre des sports avait souligné que le fils de l’ex-Président Joseph Michel Martelly, à savoir Michel-Olivier Martelly était très impliqué dans ces projets de construction des centres sportifs tout en conseillant à la justice de s’intéresser de près à ce dossier.

En réponse au ministre, Michel-Olivier Martelly a écrit une lettre en date du 15 juillet 2020 protestant contre les propos de Max Attys. Selon lui, les déclarations de Max Attys qui était toujours le titulaire du MJSAC sont mensongères, calomnieuses, avant de préciser qu’il avait fait office de conseiller en matière de jeunesse et des sports du président Michel Joseph Martelly au cours de son mandat. À ce titre, il n’avait jamais eu de qualité pour engager l’État haïtien, dit-il.

La démission

Le numéro un du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC), a remis sa démission, le jeudi 16 juillet 2020, au Premier ministre, Joseph Jouthe, et au Président de la République, Jovenel Moïse.

Notez que, ce sont les faits qui précèdent la démission de Max Attys
en date du jeudi 16 juillet 2020 mais le concerné n’a pas encore donné les causes de sa décision.

Pourquoi c’est maintenant ?

Rappelons que M. Max Attys a intégré le gouvernement Moïse-Jouthe en Mars 2020, il faisait partie des ministres du nouveau cabinet ministériel d’alors. La liste a été publiée par arrêté présidentiel dans le journal officiel de la République Le Moniteur le 4 mars de l’année en cours.

15 jours après la nomination du gouvernement (Max Attys inclus), soit le 19 mars 2020, deux premiers cas de Coronavirus sont confirmés en Haïti. La nouvelle a été annoncée officiellement par le président de la République Jovenel Moïse lui-même, dans un discours radiotélévisé, en milieu de soirée du 19 mars, avait observé Constant Haïti.

Dans ce discours, le président avait fait part de nouvelles mesures, dont l’état d’urgence sanitaire, un couvre-feu de 8:00 pm à 5:00 am, la fermeture des églises, des écoles et des universités ainsi que la fermeture des ports et aéroports au transport de personnes, entre autres. Aussi, tout rassemblement de plus de 10 personnes était interdit. Une mesure qui va être levée jusqu’au 3 juillet 2020. «Suite aux recommandations des autorités sanitaires et de la cellule scientifique sur les mesures barrières à respecter pour la réouverture graduelle du pays, j’annonce, pour le 12 juillet, la reprise des services religieux. Les écoles et les universités reprendront le 10 août. », a tweeté président Jovenel Moïse.

De ce fait, le pays était donc FERMÉ, les activités étaient paralysées à tout les niveaux. Le ministre démissionnaire du MJSAC pourrait miser sur cet état de fait pour justifier ses déclarations jugées tardives par certains.

Cependant, l’interrogation sur sa double identité et de nationalité reste l’hypothèse principale qui lui aurait poussé à créer une situation justifiant sa démission. D’ailleurs, le ministre n’a pas démenti les informations. « Je ne suis pas responsable concernant la double identité dont on m’accuse. La faute est au Palais national », a précisé l’ex-numéro un du MJSAC lors d’une conférence de presse le jeudi 9 juillet 2020 au local du ministère, au ranch de la croix-des-bouquets.

Constant Haïti